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L'œil de l'expert
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Bioplastiques : la plasturgie fait sa "bio" révolution

Vendredi 13 Décembre 2013  |  L'œil de l'expert
Bioplastiques : la plasturgie fait sa

La raréfaction des matières premières et la difficulté à s’approvisionner en raison de la hausse croissante des prix, conduisent les industriels de la plasturgie à rechercher des produits de substitution afin de changer leur manière de produire. En effet, le constat actuel de plus de 260 millions de tonnes de plastiques consommés chaque année suscite un intérêt grandissant à l’utilisation de matières premières dites « bio », notamment au travers des bioplastiques. A cela s’ajoute des considérations environnementales et la volonté de se différencier de la concurrence.

 

Il convient de rapidement clarifier le concept de « bioplastiques » qui renvoie à deux termes très différents :

  • Le bio-source qui désigne l’utilisation de plastiques bio-sourcés, donc issus de ressources agricoles (maïs, blé, canne à sucre, …) et qui intervient en amont de la production.
  • Le biodégradable qui désigne la gestion écologique des plastiques en fin de vie et qui intervient en aval de la production.

 

Composés d’un minimum de 40% de matière d’origine végétale, les bioplastiques sont fabriqués à partir des substances suivantes :

  • Amidons thermoplastiques (TPS) et extrudés
  • Acides polylactiques (PLA)
  • Acétate de cellulose
  • Autres substances de base

 

Comme les plastiques « traditionnels » issus de l’industrie pétrolière, les plastiques « bio-sourcés » possèdent les mêmes propriétés. Toutes sortes de plastiques peuvent être fabriquées à partir de ces nouvelles ressources « bio » : des classiques PET (polyéthylène téréphtalate) et PE (polyéthylène), jusqu’au plus techniques PER (polyéthylène réticulé) ou PA (polyamides).

 

Un bénéfice pour l’environnement

La production de matières plastiques bio-sourcées est considérée comme étant une activité durable, contrairement à la production de plastiques utilisant des ressources pétrolières. En effet, les bioplastiques utilisent moins de combustibles fossiles puisqu’ils reposent essentiellement sur l’utilisation de carbone végétal fabriqué à partir de ressources agricoles. Ils permettent également de réduire l’émission de gaz à effet de serre de 30 à 75% lors de la production.

 

Des applications innovantes

Les applications liées au bioplastique se multiplient et entraînent un intérêt croissant de la part de grandes entreprises industrielles qui investissent dans la recherche de nouveaux biomatériaux.
C’est le cas du géant de l’industrie chimique, Solvay, qui a développé un nouveau bioplastique d’acétate de cellulose fabriqué à partir de pâte de bois et qui sera commercialisé début 2014. Conçu pour le moulage par injection, il servira au secteur de l’emballage cosmétique et alimentaire grâce à ses propriétés fournissant une meilleure résistance thermique, une transformation facilitée et une transparence améliorée.

D’autres innovations liées aux matières plastiques bio-sourcées sont récemment apparues :

La résine thermoplastique Gaïalène, développée par le groupe Roquette, est désormais disponible en quantité industrielle pour les marchés de l’extrusion gonflage, l’extrusion soufflage et l’injection de pièces plastiques. Cette nouvelle résine comporte des propriétés uniques capables de remplacer des plastiques comme le PE, le PP ou l’ABS.

Des alliances internationales se créent :

Le 19 novembre dernier, huit grandes entreprises mondiales (Coca-Cola, Danone, Nestlé, Unilever, Ford, Heinz, Procter & Gamble, et Nike) ont créé une alliance mondiale sous le nom de « Bioplastic Feedstock Alliance » (BFA) en association avec l’organisation non gouvernementale WWF (World Wildlife Fund for nature). Le but de cette alliance est de « soutenir le développement de plastiques fabriqués à partir de matières végétales, pour aider à construire un avenir plus durable pour l’industrie des plastiques » (1) .

(1) Bioplastic Feedstock Alliance - Who we are – [en ligne] - http://www.bioplasticfeedstockalliance.org

 

Le secteur de l’emballage : au cœur des changements

Les débouchés des bioplastiques sont nombreux. Ils se développent dans plusieurs secteurs d’activité en s’adaptant à leurs exigences : bâtiment, transport, emballage et même high-tech.

Le secteur de l’emballage est plus particulièrement concerné par ces évolutions. En effet, la pression croissante des consommateurs et de la grande distribution pour l’utilisation de matières moins polluantes amène le « bio » au centre de toutes les discussions. Les industriels du secteur se tournent donc progressivement vers l’innovation et la diversification en développant de nouveaux emballages bioplastiques tout en maintenant leurs propriétés de conservation et de protection.

L’offre de produits est aujourd’hui aboutie pour de nombreuses applications, en particulier pour les films plastiques (sachets, emballages divers) et les récipients (bouteilles, gobelets…). Il reste cependant des efforts à faire concernant l’utilisation de la technologie des bioplastiques car elle reste 2 à 3 fois plus chère que les plastiques issus du pétrole.

Des évolutions qui devront s’effectuer rapidement car l’industrie de l’emballage est en pleine mutation et doit se préparer au futur :

  • La production de biomatériaux augmente de 60% par an.
  • En 2020, la demande mondiale d’emballage en bioplastiques représentera un volume total de 884 000 tonnes.

 

De nouvelles compétences et des métiers à réinventer

De nouveaux métiers apparaissent :

  • en amont de la production lors de la conception d’un produit
  • en aval lors de la récupération et le traitement des biomatériaux

Les salariés doivent donc être formés à de nouveaux enjeux afin d’évaluer l’impact environnemental de chaque activité et de répondre aux nouvelles exigences réglementaires. Le management de l’environnement permet aux entreprises de se mettre en conformité et ainsi de faire progresser l’ensemble de l’organisation au sein d’une réelle démarche plus écologique.

 

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