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L'œil de l'expert
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Objets connectés : une révolution pour les plasturgistes ?

Jeudi 24 Juillet 2014  |  L'œil de l'expert
Objets connectés : une révolution pour les plasturgistes ?

L’internet des objets en plein boom

L’internet des objets fait référence à un concept d’objets dits « connectés » fonctionnant à l’aide de capteurs et collectant de l’information. Ces données collectées sont analysées et transférées vers un terminal tel qu’un smartphone ou une tablette et consultables par leurs utilisateurs.

Les objets connectés envahissent tous les secteurs d’activité

Avec plus de 15 milliards d’objets connectés et 80 milliards à l’horizon 2020 (selon l’observatoire Idate), les applications se multiplient et cette nouvelle tendance révolutionne tous les secteurs d’activité, de la plasturgie à l’électronique en passant par la santé.

La santé : une réussite distinctive pour les dispositifs médicaux connectés

Pèse-personnes, montres, capteurs qui mesurent le rythme cardiaque ou analyse le sommeil ; appelés « Quantified Self » ou « auto mesures », ces outils accessibles par mobile permettent de mesurer son niveau de santé ou d’activité. Initialement destinées à mesurer les performances des sportifs, ces applications intéressent désormais les professionnels de la santé pour la surveillance des malades.

Preuve de leur succès, les objets médicaux connectés représentent 60% des objets connectés portables. Plus de 40 000 applications santé sont déjà disponibles sur téléphone, tablette…pour une valeur qui devrait atteindre 7,5 milliards d’euros en 2018 (selon le cabinet Transparency Market Research).

Le 10 avril 2014, lors du salon médical MEDTEC 2014, Gérald Comtet, Manager Général du Cluster I-care, a défini les 3 types d’objets médicaux connectés existants à ce jour:

  • Les médicaux : des objets qui sont de plus en plus communicants mais qui restent avant tout des dispositifs médicaux.
  • Les « frontières » : des objets à la fois médicaux et domestiques, utilisés pour le traitement médical de patients pouvant bénéficier de soins à domicile.
  • Les domestiques : objets non médicaux ou applications liées à la santé, utilisables par tous pour mesurer soi-même son niveau de bien-être.

 

Le plastique au service de la technologie connectée

Les plastiques sont présents au cœur de la fabrication des objets connectés médicaux et se propagent dans bien d’autres secteurs ; ils vont jusqu’à se substituer au circuit imprimé en cuivre en prenant le rôle de composants électroniques, et en devenant ainsi eux-mêmes connectés.

Des « wearables »(1) actifs

Les bracelets intelligents font partie des objets connectés les plus en vogue. Mesurant les performances physiques, l’activité cardiaque ou le sommeil, ils témoignent de l’essor du « Quantified Self ».

L’Institut Fraunhofer IZM a développé un bracelet capable de mesurer les fonctions vitales des personnes âgées et d’afficher les informations sur un écran OLED. Ce bracelet combine de l’«électronique polymère» sous forme de plastique et d’électronique traditionnelle.
Les éléments de d’éclairage de l’écran et les capteurs sont imprimés sur des feuilles plastiques et connectés à des circuits intégrés en silicium.

Les lentilles connectées de Google

Encore simple prototype, les « Google Smart Lenses » promettent une grande avancée pour les dispositifs médicaux connectés. Ces lentilles de contact souples mesurent le niveau de glucose contenu dans les larmes de son hôte grâce à un capteur et une puce RFID miniatures placés entre les deux couches de la lentille.

Des relevés de mesure sont réalisés chaque seconde et les données sont transmises par la puce connectée à n’importe quel terminal fixe ou mobile. Ainsi, les utilisateurs sont prévenus en temps réel par une application sur leur smartphone en cas d’hyperglycémie.

Un film occultant connecté en WiFi

Les objets connectés envahissent la maison pour améliorer le quotidien des utilisateurs.
C’est le cas du film intelligent de Sonte, conçu en plastique auto-adhésif, qui s’appose sur les fenêtres existantes d’un habitat. Connecté par WiFi, l’utilisateur peut définir le degré de luminosité voulue en seulement quelques secondes grâce à une application smartphone.

 

Plastronique : vers des plastiques intelligents et connectés

Depuis quelques années, une technique de production associant plastique et électronique se développe : la plastronique. Capable d’apporter de « l’intelligence » aux produits plastiques, elle les rend notamment « connectés » en leur conférant des propriétés électroniques.

Méthodes de production en plastronique

Plusieurs technologies existent pour attribuer des propriétés électroniques à une pièce plastique.
Les plus utilisées sont les 3D-MID (Molded Interconnect Devices) qui permettent de métalliser certaines parties d’un plastique :

  • Injection bi-matière : la pièce plastique est moulée en deux injections successives, par un matériau conducteur et un matériau isolant.
  • Laser Direct Structuring (LDS) : une technologie laser apparue en 2008 constituée de 3 étapes : injection mono-matière, activation laser et métallisation par voie chimique avec dépôt de cuivre à la surface de la pièce.
  • Plasmacoat 3D : injection de poudre de cuivre dans le plasma qui, une fois fondu, sera projeté sur la surface de la pièce plastique.

 

Les enjeux pour les plasturgistes

La plasturgie française peut renforcer sa compétitivité en intégrant une nouvelle forme de valeur ajoutée à ses produits, y intégrer de nouvelles fonctions…

L’allègement et la miniaturisation des pièces plastiques sont des enjeux actuels pris en compte par les plasturgistes.
La plastronique apparait comme une solution à ces impératifs puisqu’elle regroupe à la fois l’électronique et le support en un seul et même sous-ensemble. On réduit donc le poids, l’utilisation de matière et également les étapes d’assemblage.

La plastronique est un axe important de valeur ajoutée et d’innovation pour les plasturgistes.

Notons cependant que même si la technique s’est rapidement développée dans les télécoms,
elle nécessite encore de lourds investissements et une grande flexibilité de l’outil de production.

 

Grâce au projet « Nouvelle France Industrielle », l’internet des objets est plus que jamais au centre de l’innovation en France. Depuis quelques mois, la ville d’Angers accueille la première « cité des objets connectés » ; un projet de 15 millions d’euros qui a pour ambition de placer la France en tête des pays innovants sur le marché des objets connectés. Une cité qui rassemble un Fab Lab, un centre d’innovation technologique et des usines de production où les expertises plastiques, électroniques et mécaniques se croiseront au quotidien.

Ce projet laisse ainsi entrevoir de belles perspectives pour les spécialistes, assembleurs et sous-traitants de la plasturgie qui souhaitent orienter leur activité vers les objets connectés.

 

(1) Vêtements et accessoires composés d’électroniques et de composants connectés leur fournissant des fonctions particulières et les rendant « intelligents ».

 

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