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L'œil de l'expert
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Prix des matières plastiques : les grandes tendances en 2014

Vendredi 21 Février 2014  |  L'œil de l'expert
Prix des matières plastiques : les grandes tendances en 2014

Face à des cycles de prix toujours plus volatiles, l’approvisionnement en matières plastiques est un enjeu stratégique pour les plasturgistes.
Sandrine Alnet(1), Responsable du Service Intelligence Economique d’Allizé-Plasturgie livre une analyse tendancielle sur l’approvisionnement et, au-delà du prix, sur les clés à maîtriser pour améliorer ses achats matières.


Quelles sont les tendances de prix en ce début d’année 2014 ?


D’après les résultats du dernier Baromètre des Matières Plastiques, les tendances ne sont pas les mêmes d’une matière à l’autre mais les variations de prix restent limitées. Malgré la volonté des fournisseurs d’augmenter les prix, la faible demande de la part des plasturgistes devraient rendre les hausses difficiles à appliquer.


Est-ce que la plasturgie française est condamnée à intégrer un coût matières sans cesse en hausse ?


La première décennie des années 2000 a été marquée par une forte hausse de la demande mondiale et par de nombreuses crises économiques et politiques qui impactent directement le prix du baril de pétrole. Ce dernier étant la principale source pour la production de matières plastiques en Europe, les plasturgistes ont subi une hausse tendancielle du prix des matières plastiques couplée à une forte volatilité des prix.

Cependant, la situation aujourd’hui n’est plus du tout la même, la scène internationale est bouleversée, nous sommes au début d’un changement de cycle. L’idée de « Peak Oil » (moment où la production de pétrole cesserait d’augmenter et commencera à décliner, conséquence de l’épuisement des réserves) est aujourd’hui révolue. La peur du manque s’éloigne et l’heure est donc à l’apaisement relatif des prix.


Quels sont les facteurs qui expliquent le changement de cycle de prix ?


Plusieurs pays ont investi massivement dans de nouvelles capacités de production, grâce à l’augmentation du prix du pétrole, des sites sont devenus rentables (en offshore notamment) et il faut ajouter à cela l’exploitation des sources non-conventionnelles, les fameux gaz de schiste.

Acteur majeur de ce bouleversement, les Etats-Unis ont retrouvé leur niveau de production en pétrole des années 80 et, fait particulièrement marquant, la balance commerciale nette de leurs produits pétroliers est redevenue exédentaire fin 2013. L’Agence Internationale de l’Environnement (AIE) estime même que les Etats-Unis vont détrôner l’Arabie Saoudite de sa première place mondiale dès 2015.

Les Etats-Unis ne sont pas les seuls. Le Brésil, l’Australie et même le Canada sont en train de développer fortement leur production. Selon Xerfi, en dix ans à peine les réserves exploitables de pétrole ont bondi de plus d’un tiers.


Et l’Europe dans tout cela ?


Pour la plasturgie européenne, dépendante d’importations de pétrole pour sa matière première, le Moyen-Orient reste une source d’approvisionnement primordiale. Le risque majeur réside dans l’instabilité politique et sociale de cette partie du monde qui pourrait être aggravée par la perte de position dominante de la région dans l’échiquier énergétique global.

De plus, un différentiel de prix défavorable s’est instauré sur certaines matières au détriment de l’Europe en comparaison des Etats-Unis et dans une moindre mesure de la Chine. De fait, l’éthylène y coûte désormais deux à trois fois plus cher.

Sauf crise politique majeure, le prix du baril de pétrole (Brent Crude Oil) devrait rester autour des 100 dollars au moins jusqu’en 2015 grâce aux nouvelles capacités et à la conjoncture mondiale en général. Cela permet de confirmer une stabilisation des coûts matières pour les plasturgistes mais cela ne suffira pas à combler l’écart de prix avec les Etats-Unis sur certains polymères.


Les prix constituent-ils l’enjeu principal pour les plasturgistes dans leur approvisionnement ?


Il est important de sécuriser autant que possible les variations de prix mais les enjeux stratégiques liés aux approvisionnements en matières plastiques vont bien au-delà.

Tout d’abord, la notion de prix ne se limite pas à un coût d’achat, il faut prendre en compte le coût global d’une matière, en y intégrant par exemple le coût d’éventuelles non qualité.

Ensuite, les polymères sont au cœur des innovations de la filière (biomatériaux, plastronique, matériaux techniques, etc.), il est primordial pour les transformateurs de posséder une expertise sur ce sujet ou, s’ils ne l’ont pas, d’essayer de développer des partenariats avec leurs fournisseurs.

L’anticipation des évolutions réglementaires est également indispensable. Enfin, l’analyse de son panel de fournisseurs est importante afin de répartir les risques de rupture d’approvisionnement sur les matières stratégiques.

Sandrine ALNET(1)

 

Pour aller plus loin sur cette thématique :

Innov'Day du 27 mars à Lyon : Stratégie d'approvisionnement des matières premières

Innover par la matière


(1) Sandrine ALNET est responsable du Service d’Intelligence Economique d’Allizé-Plasturgie et anime également pour la Fédération de la Plasturgie la plateforme d’échanges MedPharmPlast France, composée d’une vingtaine d’industriels du secteur médical.
Diplômée de l’ESC Reims, elle possède plus de 15 ans d’expérience internationale des études quantitatives, qualitatives, analyses de marché et de la veille stratégique dans différents secteurs. Depuis 3 ans, Sandrine ALNET développe avec son équipe divers outils d’Intelligence Economique afin d’aider les entreprises de la filière plasturgie à connaître et comprendre leur environnement et ainsi à mieux anticiper ses évolutions.

 

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