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L'œil de l'expert
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Prix du plastique : bilan de 2017 et prévisions pour 2018

Vendredi 09 Mars 2018  |  L'œil de l'expert
Prix du plastique : bilan de 2017 et prévisions pour 2018

L’année 2017 s’achève et les acheteurs de polyéthylène et de polypropylène doivent commencer à élaborer leurs stratégies pour 2018. Il s’agit dans un premier temps d’anticiper les évolutions de l’offre.

2017 : influence limitée des coûts énergétiques sur les marges des producteurs

Les producteurs européens de PP et de PE ont profité de marges satisfaisantes en 2017, et ce malgré le sursaut du cours du brent. Le coût du pétrole s’est en effet maintenu à 52 US$ le baril en moyenne au cours des neuf premiers mois de l’année, soit une hausse de 24% par rapport à la même période en 2016.

Les variations à la hausse du cours du brut ont influencé ceux du naphta, qui ont atteint une moyenne de 457 euros/tonnes au premier trimestre 2017, pour chuter jusqu’à 396 euros/tonne au cours des second et troisième trimestres de cette année. On notera également que les cours du naphta ont enregistré une hausse moyenne de 25% environ entre janvier et septembre 2017 par rapport à la même période de l’année précédente.

La hausse des coûts des matières premières n’a apparemment pas nui à la profitabilité des opérations pétrochimiques européennes. Les marges des crackers ont en effet augmenté de 25,3% en moyenne entre janvier et septembre 2017 par rapport à la même période de l’année précédente. ICIS explique ce phénomène par l’augmentation des prix de l’éthylène et du propylène qui ont permis de gonfler les marges des producteurs de PE et de PP. Ces derniers ont également profité de marges stables.

Selon ICIS, l’offre en polyoléfines se maintiendra à un bon niveau en 2018 si le cours du brent continue à augmenter. Cela permettra en effet de maintenir les marges des producteurs qui ne seront alors pas tentés de limiter leur production pour faire remonter artificiellement les prix. ICIS estime que le taux d’augmentation marginale du cours du brent se situera entre 4% et 5% l’année prochaine, soit un taux suffisamment élevé pour assurer des marges satisfaisantes aux producteurs de PE et de PP.

Pour l’instant, aucun élément structurel ne laisse penser que la production d’éthylène et de propylène va s’effondrer l’année prochaine. Cette perspective de stabilité laisse entendre que les variations de prix du PE et du PP proviendront une fois encore de l’évolution de l’offre et de la demande européennes.

 

Changement d'attitude chez les acheteurs

La crise de 2015 a changé le comportement des acheteurs européens et français. Les plasturgistes, marqués par de graves difficultés d’approvisionnement, la multiplication des Forces Majeures et l’explosion des prix sur plusieurs matériaux, ont tendance à optimiser de plus en plus leurs achats et à suivre de près l’actualité des matériaux. Une attention particulière est portée à la gestion des stocks, afin d’éviter l’arrêt des lignes de production.  Les entreprises ont donc tendance à anticiper les pics de demande saisonniers, qui sont particulièrement marqués pour les polyoléfines.

La consommation européenne de polypropylène devrait augmenter de 3% à 3,5% en 2017. Celle de PEHD et de PEBD-L devrait enregistrer une hausse de +2% à 2,5%, contre 0,5% à 1% pour le PEBD. Ces estimations élaborées par ICIS, laissent supposer que la demande européenne pour ces matériaux devrait évoluer de 0,1 ou 0,2 points d’ici la fin 2018, et ce malgré les tensions qui pourraient survenir sur la production catalane.

Certains acheteurs ont donc déjà commencé à négocier leurs contrats pour l’année prochaine, afin de s’assurer un approvisionnement suffisant en matériaux. Cette attitude souligne la nécessité pour les plasturgistes de sécuriser leurs approvisionnements autant que faire se peut.

 

Polyéthylène et polypropylène : stabilité pour 2018, sauf en cas d’incident

Il n’y a pourtant pas de véritables craintes à avoir vis-à-vis de la disponibilité du polyéthylène en Europe. Plusieurs sites vont démarrer aux Etats-Unis et en Iran en 2018, et les importations vers le Vieux Continent, où les prix sont attractifs, devraient voir leurs volumes augmenter. Leur impact devrait se faire sentir sur le marché européen à partir du second trimestre 2018, et les prix domestiques devraient être véritablement influencés à partir du deuxième semestre.

Le marché étasunien devrait notamment accueillir plusieurs unités de production de PEBD-L métallocène. Une partie de cette nouvelle offre devrait être déviée vers l’Europe, où le marché est excédentaire depuis la mi-2017. Les acheteurs peuvent donc s’attendre à terme à une baisse de prix.

L’offre européenne en PEBD ne devrait quant à elle pas vraiment évoluer. Slovnaft compte bien ouvrir une unité de production d’une capacité annuelle de 200 000 tonnes à Bratislava, en Slovaquie, mais ce volume ne sera pas suffisant pour bouleverser le marché. Les plasturgistes pourront peut-être compter sur des volumes en provenance d’Arabie Saoudite puisque Sadara Chemical va prochainement booster sa production.

La situation risque d’être un peu moins rose pour les utilisateurs européens de polypropylène. L’offre est en effet plus tendue que sur le marché du PE. L’agrandissement du complexe d’Unipetrol à Lutvinov, en République Tchèque, ne suffit pas à désengorger le marché. A cela s’ajoutent des investissements limités à l’échelle mondiale. Seuls 5,5 millions de capacités de production annuelles seront ajoutés d’ici la fin de l’année 2018.

La demande mondiale devrait bondir de 7,8% entre 2016 et 2018. Les volumes ajoutés ne suffiront donc pas à répondre à ses besoins et le marché sera inévitablement confronté à des pénuries. Encore faut-il savoir où et quand ces dernières surgiront.

L’offre européenne de PP devrait donc être sous pression en 2018. Cela signifie que les producteurs n’auront pas de mal à maintenir des marges profitables. Ils pourraient toutefois être tentés de dévier une partie de leur offre vers des marchés plus rentables si jamais les prix à l’étranger venaient à être plus élevés que sur le Vieux Continent. Les acheteurs européens devront donc régulièrement scruter les évolutions de prix à l’étranger, afin d’anticiper toute réduction passagère de l’offre.

Bibiane Arnaud-Barbaza
Service d’Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie

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