x En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins promotionnelles et/ou publicitaires, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Pour en savoir plus...
>> Recherche avancée
Actualités
Témoignages
Témoignages

L’audit sécurité de l'atelier industriel : un outil d'amélioration continue incontournable !

Mercredi 26 Septembre 2018  |  Témoignages
L’audit sécurité de l'atelier industriel : un outil d'amélioration continue incontournable !

Autant pour l’atelier de la PME industrielle, que pour la grande entreprise, l’audit sécurité s’impose pour maintenir un niveau de vigilance et de performance de l’atelier. À la suite de l’audit des ateliers lyonnais du pôle formation d’Allizé-Plasturgie, Vincent Carpentier, directeur du pôle formation études et prévention / UIMM et François Sastre, responsable atelier et référent sécurité atelier du pôle formation de la plasturgie reviennent sur cet outil stratégique.

 

Vincent Carpentier, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre activité ?

Nous sommes un centre de Formation émanant du réseau de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM), avec notre activité centrée sur les thématiques santé, sécurité au travail et environnement industriel. Nous intervenons aussi bien dans les grandes entreprises que dans les PME et PMI mais également dans les centres de formation de notre réseau. Nos clients sont principalement industriels avec bien entendu le secteur de la métallurgie mais aussi la chimie, le transport aérien, le traitement de l’eau par exemple.

 

Vincent Carpentier, atelier Métallurgie ou plasturgie : mêmes sujets ?

Même si nous sommes en présence d’activités industrielles spécifiques, je les situe au même niveau de risque. 80% des accidents de travails sont liés à des facteurs humains. Que ce soit en métallurgie ou en plasturgie, sur des machines, par exemple, nous ne faisons aucune différentiation.

Une presse d’injection plastique ou une presse de découpage fin : nous sommes en présence de machines-outils potentiellement à risque.

 

François Sastre, vous êtes le référent sécurité dans l'atelier de la plasturgie de Lyon 8 : en quoi consiste cette mission ?

J’ai été technicien de maintenance au démarrage de ma carrière. Mon « premier contact » avec la sécurité date du décret 93- 40 avec la remise aux normes des machines. J’ai donc commencé à faire de la sécurité à ce moment-là. Nous avons vu au fur et à mesure du temps l’importance grandissante de ce sujet. Je suis devenu responsable d’atelier et je dois désormais m’assurer de la sécurité des personnes qui accèdent à l’atelier du CIRFAP/CFP. Le public de l’atelier est constitué de salariés d’entreprise en formation, d’apprentis et parfois de demandeurs d’emploi. Tous n’ont pas encore des réflexes de professionnels : nous les aidons à les acquérir. Le matériel et les équipements doivent suivre des visites réglementaires prévues par la loi comme les presses à injecter. Je me dois d’assurer également une maintenance préventive programmée par le constructeur afin de maintenir le bon fonctionnement de l’outil.

La mise à disposition des notices d’utilisation ainsi que l’affichage des fiches d’instruction de poste pour limiter et éviter les risques sont essentiels. Je tiens également à jour les indicateurs qui me permettent de détecter, d’agir, de maintenir et d’améliorer la sécurité dans l’atelier.

 

 

Pourquoi un audit, est-ce la première fois que se déroule un audit au pôle formation ?

C’est effectivement la première. La responsabilité au niveau sécurité reposait essentiellement sur notre responsabilité individuelle et notre « bon sens ». Et comme tout allait bien et qu’il n’y a jamais eu d’accident significatifs, aucun audit n’a été effectué avant aujourd’hui. L’audit nous permettra de nous améliorer et mieux nous structurer.

 

Vincent Carpentier, qu'elle a été la commande qui vous a été passée par la direction du pôle formation d'Allizé plasturgie ?

Le souhait a été d’avoir un regard extérieur sur les pratiques et mesurer le niveau de performance du centre : tant sur le cadre réglementaire que sur le volet des comportements vis-à-vis de la sécurité. Nous avons mesuré les écarts mais également capitalisé sur les points positifs.

Nous avons proposé des actions, souvent simples, qui, mises en oeuvre, réduisent les risques. Sensibiliser à nouveau le personnel du centre sur les fondamentaux de la sécurité était également une demande de la Direction. Avec pour objectif de rendre chaque salarié acteur de la prévention. La routine est aussi l’ennemi de la prévention.

 

Pouvez-vous nous dire comment s'est déroulé cet audit qui a eu lieu le 7 juin 2018 ?

C’est d’abord une méthode. Les outils fondamentaux de l’audit : La prise en compte de la réglementation, de la politique d’entreprise, de l’analyse du document unique, du plan de prévention, de la traçabilité enfin de toute action touchant au domaine de la sécurité.Se sont succédées une partie documentaire, suivi d’une partie observation, et enfin une partie interview (apprentis, formateurs, etc.).

Toute cette approche n’est pertinente que dans la mesure où elle se base sur une approche pédagogique des sujets. Ne pas attendre un accident pour réagir : c’est le maître mot de notre approche. Nous sommes dans la prévention du risque professionnel. C’est d’ailleurs une des évolutions de l’approche réglementaire de la sécurité en entreprise.Pour que tout cela fonctionne et que les messages passent auprès des stagiaires et des apprentis, une exemplarité des encadrants et des formateurs est primordiale.

Un rapport d’audit détaillé et étayé de photographies est remis au client à l’issue de l’audit. Il est ensuite de la responsabilité du client de prendre en compte les éléments qui ressortent de l’audit et de programmer un plan d’amélioration. Un plan qui sera mis en oeuvre avec des délais plus ou moins courts selon le degré de priorité ou points de vigilance.

 

Pyramide de Bird ? De quoi s'agit-il ?

C’est effectivement un élément statistique important. Le physicien qui a créé cette pyramide a démontré que plus on laisse dériver le système, plus on laisse apparaître des incidents mineurs et plus on augmente le risque qu’un accident grave survienne. C’est un peu comme pour des placements financiers qui vous indiquent en petit caractère que « les performances passées ne présagent pas des performances futures ». Il ne suffit pas de ne pas avoir eu d’accidents graves pour ne pas avoir à y être confrontés à l’avenir.

 

François Sartre, environ 4000 salariés d'entreprises et 400 apprentis du CAP au niveau d’ingénieur sont formés par le pôle formation d'Allizé plasturgie ? Que pouvez-vous leur apporter en matière de sécurité ?

Au niveau des apprentis, qui nous arrivent souvent novices dans le domaine de la sécurité, nous avons un devoir d’exemplarité et de mise en place des réflexes ; mais également de l’analyse des causes. Sur les 400 apprentis répartis sur notre territoire géographique Allizé-Plasturgie, environ 200 seront formés dans l’atelier de Lyon au cours de leur cursus.

Nous avons un retour plutôt positif de nos apprentis dans leur entreprise. Ils deviennent des moteurs au niveau sécurité. Ils relèvent des écarts au sein de leur entreprise : telle chose est bien, telle chose les interroge. Ils proposent ensuite des idées d’amélioration. Là on commence à se dire que l’on a fait du bon travail avec eux !

Pour les salariés c’est plus difficile. Ils n’ont parfois pas conscience que la sécurité dans nos ateliers est aussi importante que dans leur entreprise même s’ils n’y passent que 2 ou 3 jours. Il nous faut trouver des moyens de les sensibiliser aussi.

En conclusion, la sécurité est l’affaire de tous. Elle est de notre responsabilité individuelle d’abord puis collective. Personne ne peut s’en exonérer. Enfin, nous sommes un centre de formation piloté par les industriels et c’est bien sur des sujets comme celui là que nous faisons la différence !

« Retour