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L'œil de l'expert
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Prix du plastique : bilan de 2016 et prévisions pour 2017

Jeudi 12 Janvier 2017  |  L'œil de l'expert
Prix du plastique : bilan de 2016 et prévisions pour 2017

Le prix du plastique est devenu une problématique quotidienne pour les transformateurs. Ses variations influencent leurs marges et pèsent sur leurs stratégies. Cet article a donc pour objectif de soumettre quelques pistes de compréhension de ce marché extrêmement volatil aux plasturgistes, afin de les aider à anticiper leurs approvisionnements et d’envisager l’année 2017 plus sereinement.




2016  : une année complexe marquée par l’instabilité des prix du plastique

Si les prix européens des matières plastiques ont connu des variations moins brutales qu’en 2015, 2016 s’est tout de même avérée complexe. Les acteurs du marché entrent donc en 2017 après une année marquée par la volatilité des cours du pétrole brut, des tensions politiques toujours plus nombreuses à travers le monde et la dépréciation de plusieurs valeurs monétaires suite aux dernières élections présidentielles étasuniennes. 

En termes de production, le contraste entre Europe et Etats-Unis est de plus en plus frappant. Si le Vieux Continent a repris des couleurs après plusieurs années de difficulté, son voisin de l’autre côté de l’Atlantique affiche quant à lui une santé de fer. L’Europe pâtit encore d’un coût deux fois plus élevé de l’éthylène, et ce même quand le cours du brut est bas. Le marché européen des polymères a quant à lui été soutenu par la demande positive des industries de l’emballage, de l’automobile et de l’électronique. 
Le marché nord-américain est quant à lui toujours en pleine croissance et biberonné au gaz de schiste. Si le dollar fort, des prix du pétrole relativement peu élevés et la demande faible à l’export ont légèrement noirci le tableau en 2016, l’effet gaz de schiste a sauvé la mise avec brio. En effet, les quelques 170 milliards de dollars US investis entre 2010 et 2016 ont porté leurs fruits, et ce même si 49% de ce total est encore en phase de construction ou de finalisation. Ces ajouts de capacités ont toutefois participé à maintenir les prix l’éthylène et ses dérivés à des niveaux plus bas que dans le reste du monde. Les Etats-Unis ont donc soif d’exportations et représentent donc une certaine menace pour les producteurs européens. 

L’Europe, comme les années précédentes, a continué à souffrir du manque d’investissement de ses producteurs, notamment pour les matières dites « de commodité ». Les prix du polyéthylène (PE), du polypropylène (PP), du polychlorure de vinyle (PVC) et du polystyrène (PS) ont, en effet, plutôt eu tendance à augmenter sur l’année. Les craintes de voir une crise semblable à celle du premier semestre 2015, où plus de trente Forces Majeures avaient été déclarées sur tout un éventail de matières, ne se sont toutefois pas réalisées malgré quelques accrocs. Les producteurs ont également dû, dans une certaine mesure, se heurter à la résistance des acheteurs qui n’acceptent plus des hausses de prix trop importantes. Des réajustements de prix à la baisse après que des augmentations aient été annoncées ont ainsi pu être observés plusieurs fois au cours de l’année.

 

A quoi s’attendre en 2017 ?

Après une année de fluctuations, le cours du pétrole brut entame 2017 sur une note plus ferme. En effet, les prix du plastique ont atteint leur plus haut niveau depuis juillet 2015. La hausse des coûts énergétiques plus élevés a  ouvert la voie à des augmentations des prix pour l’éthylène et le propylène, alors que ces derniers sont déjà élevés.

Le marché chinois défie cependant ces tendances haussières. Il a en effet accueilli la nouvelle année sur une note stable, voire légèrement baissière pour certaines matières, en raison d’une réduction de l’activité en prévision du Nouvel An chinois. Les acheteurs limitent également leurs importations pour ne pas trop pâtir de la dépréciation du yuan. La Chine continue également de progresser dans sa quête d’autosuffisance, notamment dans la production de polyéthylène (PE). Ce sont en tout 1,3 millions de tonnes annuelles supplémentaires qui vont être ajoutées au cours de l’année 2017. Ces capacités supplémentaires seront entièrement dépendantes du charbon.

Les plasturgistes européens devront quant à eux anticiper de nombreux arrêts de production au cours du premier semestre 2017. Ces maintenances, conjuguées à la volonté des pays de l’OPEP de limiter leur production de pétrole et à la tendance haussière suivie par les coûts du naphta, devraient tirer les prix de l’éthylène toujours plus haut, et donc, en aval, ceux des polymères. La problématique du vieillissement des équipements européens menacera également les prix des matières plastiques. Il est en effet possible que de nouveaux accidents graves, comme celui survenu sur un site de BASF en 2016, se reproduisent et impactent négativement toute la chaîne de production de certains polymères. Ces évènements potentiels, que les acheteurs ne peuvent anticiper, pourraient bel et bien mettre les plasturgistes une nouvelle fois en difficulté. 

2017 sera également l’année où les investissements nord-américains dans le polyéthylène se concrétiseront et deviendront une réalité pour le monde entier. Les additions de capacités de Braskem Idesa, d’Ineos, de Sasol et de Nova Chemicals, et qui devraient être opérationnelles d’ici le second semestre, s’élèveront à plus de 1,8 millionss de tonnes annuelles. A cela s’ajouteront plus de 3 millions de tonnes annuelles supplémentaires avant la fin de l’année. A moins que les Etats-Unis et le Canada ne parviennent à résoudre leur problème de demande en réveillant l’appétit des plasturgistes locaux, il leur faudra trouver de nouveaux clients à l’export. Et quoi de mieux que l’Europe, où les prix devraient en principe, être beaucoup plus élevés ?

Offrir des prévisions précises pour l’ensemble de l’année 2017, ou bien même pour le premier semestre, semble impossible. Trop de paramètres sont à considérer : les conflits politiques entre l’Iran et les pays de l’OPEP sur la production de pétrole et les conflits au Moyen-Orient qui pourraient en perturber la production, les décisions que le Président Trump prendra et leur impact sur le dollar, les variations de l’euro et les éventuels accidents et arrêts imprévus chez les pétrochimistes… Il conviendra donc aux plasturgistes européens de demeurer alertes et de multiplier leurs sources d’approvisionnement si cela est possible. En effet, une seule prédiction peut être énoncée en toute confiance : le marché des matières plastiques sera incertain cette année encore.

Bibiane Arnaud-Barbaza
Service d’Intelligence Economique d'Allizé-Plasturgie
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