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Polymères : les événements marquants de 2018

Mercredi 19 Décembre 2018  |  Actualités
Polymères : les événements marquants de 2018

L’actualité du marché européen des polymères est toujours riche et 2018 n’a pas dérogé à la règle. Plusieurs événements ont marqué l’année et certains d’entre eux risquent de perdurer en 2019, voire d’entraîner d’importants changements à court et moyen termes.

2018 est avant tout l’année des grandes fusions et acquisitions entre fabricants de polymères et d’additifs. Elle a également été la scène des débuts d’une guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis. Les plasturgistes européens ont commencé à ressentir les effets des exportations étasuniennes de polyéthylène, et on se souviendra des prix particulièrement bas observés au printemps.

2018 fut également l’année des réglementations. La politique chinoise du National Sword a redistribué les cartes de l’industrie mondiale du recyclage, et les acteurs de la filière ont encore bien du mal à s’adapter. L’Union Européenne n’a pas été en reste, et la France est également montée au créneau avec la loi Egalim. Les matériaux plastiques, au cœur de bien des polémiques, sont visés de toute part et la bataille ne fait que commencer.

La plasturgie européenne a connu plusieurs crises d’approvisionnement, notamment en 2011 et 2015, et celles-ci sont restées gravées dans les mémoires. 2018 en a vu naître deux. D’abord celle des PA 6.6, qui s’est traduite à la fois par une explosion de prix et par la mise en lumière du profond déséquilibre entre l’offre et la demande mondiales. Enfin, celle du Rhin, dont la sécheresse perturbe fortement l’amont et l’aval de la chaîne des polymères.

 

Pétrochimistes : la mode est aux grandes transactions

Si la tendance générale est à la concentration des acteurs sur les marchés des polymères, en particulier pour certains matériaux, comme les polyamides, on assiste rarement à des méga-fusions. 2018 fut pourtant l’année de la concrétisation de l’une d’entre elles : celle de Dow Chemical Company et de DuPont.

Annoncée le 11 décembre 2015 et achevée le 31 août 2017, cette fusion qui a débouché sur la création du géant DowDuPont s’est véritablement concrétisée le 26 février 2018 lorsque les noms et les marques de trois sociétés indépendantes ont officiellement été annoncés.

La première division, dédiée à l’agriculture, a pris le nom de Corteva Agriscience. Plus proche des plasturgistes, la division dédiée à la science des matériaux, est sobrement baptisée Dow. La dernière division, qui reprend le nom de DuPont, est quant à elle chargée de mettre les produits de spécialité du groupe sur le marché.

L’histoire est cependant loin d’être terminée, puisque la séparation des sciences des matériaux ne sera effective qu’au premier trimestre de l’année prochaine, tandis que celle des divisions Agriculture et Produits de Spécialité n’aura lieu que le 1er juin 2019.

Ce mariage ne fut pas le seul à être célébré cette année. LyondellBasell s’est en effet offert A. Schulman pour la coquette somme de 1.79 milliards d’euros. La transaction est stratégique, puisque Basell cherche à s’imposer sur le marché mondial des compounds face à des poids lourds tels que PolyOne ou Clariant.

Schulman lui apportera en effet toute une gamme de compounds, de colorants, de poudres, de mélanges-maîtres et de matériaux composites. La fusion permettra également au groupe d’augmenter fortement ses capacités de production pour passer à 2.2 millions de tonnes annuelles pour les seuls compounds. Dix-huit sites sont concernés, dont trois en France, à Oyonnax, Givet et Saint-Germain-Laval. Cette activité devrait générer un chiffre d’affaires annuel de 3.67 milliards d’euros et un Ebitda ajusté de 356 millions d’euros.

L’acquisition, conclue le 21 août 2018, n’est en soi par particulièrement importante pour LyondellBasell, qui pèse à lui seul quelques 30.33 milliards d’euros. Il s’agit cependant de sa transaction la plus importante depuis la fusion historique entre Lyondell Chemical of Houston et Basell en 2007.

Sabic a enfin fait les gros titres en entrant dans le capital de Clariant. Le groupe saoudien a en effet racheté 24.99% des parts du fabricant de colorants, ce qui fait de lui un actionnaire de référence. Ernesto Occhiello, responsable du secteur des spécialités de Sabic, est en conséquence devenu le nouveau patron de Clariant le 16 octobre dernier.

Pour le groupe suisse, cela se traduit par la nécessité de devenir plus profitable, et créant notamment une division dédiée aux matériaux de haute performance. Celle-ci fusionnera notamment les opérations de production de polymères de spécialité Ultem et Noryl de Sabic, ainsi que son unité de production de compounds LNP, avec les divisions additifs et mélanges-maîtres de Clariant. Cette société devrait générer 2.82 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel (prévisions basées sur les données de 2017). Clariant sera son actionnaire majoritaire, bien que deux tiers de ses ventes seront en vérité générés par Sabic.

La transaction a cependant un coût. Le groupe suisse est en effet contraint de renoncer à ses unités dédiées à la production de pigments et de mélanges-maîtres moins spécialisés – en fait des perles polymères contenant des concentrés additifs ou colorants – d’ici 2020. Soit 1.41 milliards d’euros de ventes annuelles en moins.

 

Le PE au ras des pâquerettes

Les prix européens du PE ont globalement suivi une tendance baissière pendant une bonne partie de l’année. Certains plasturgistes membres de la Commission Achats d’Allizé-Plasturgie ont même signalé acheter leurs matériaux au prix des monomères au cours du premier trimestre.

Les niveaux de prix spot du PEBD et du PEBD-L ont en effet sensiblement baissé, tandis que ceux des PEHD et du PP se sont avérés moins volatils. Selon le Price Index de ChemOrbis, les premiers ont en effet perdu entre 13% et 14% de leur valeur depuis le début de l’année. On a quand même constaté une hausse brutale au mois de mai, mais les pétrochimistes n’ont pas pu la maintenir et ont dû accepter des réductions les mois suivants.

Cela s’explique par plusieurs facteurs, le premier étant la chute continue du cours de l’éthylène en Europe. Le C2 est actuellement à son niveau le plus bas depuis près de deux ans et a enregistré une baisse de 30% de sa valeur sur cette période.

Les acheteurs européens peuvent également remercier les Etats-Unis. La guerre commerciale ayant momentanément fermé les portes de la Chine, les pétrochimistes étasuniens qui ont lourdement investi, et investissent toujours, dans le polyéthylène ont dû trouver d’autres débouchés à leurs volumes. Une partie de leur production s’est donc logiquement exportée vers l’Amérique du Sud et les échanges avec l’Europe se sont renforcés.

Selon le Centre de Commerce International des Etats-Unis, les exportations de PEHD ont augmenté de 15% d’une année à l’autre, la période étudiée allant de janvier à septembre. Celles de PEBD et de PEBD-L ont quant à elle crû de 32%.

Les investissements étasuniens dans le polyéthylène ont en revanche été décidés il y a plusieurs années, bien avant que la guerre commerciale avec la Chine ne fasse rage et que cette dernière n’entreprenne de devenir indépendante pour la production de polymères.

La Chine conserve un certain appétit pour les matériaux produits aux Etats-Unis, mais la demande ralentit et ne suffit plus à écouler les stocks. La guerre commerciale initiée par Donald Trump vient empirer les choses en rendant les prix moins compétitifs. Les pétrochimistes américains sont donc en train de perdre des parts de marché au lieu d’en conquérir de nouvelles.

Les importations chinoises de polyéthylène en provenance des Etats-Unis ont donc lourdement chuté entre le deuxième et le troisième trimestre 2018. Celles de PEHD ont diminué de 82%, contre 33% pour les PEBD et les PEBD-L.

Ces deux régions du monde ne faisaient pourtant pas partie des cibles de prédilection des Etats-Unis. L’Europe ne recevait par exemple que 2.5% des exportations totales de PEHD du pays de l’Oncle Sam en 2017, et les divers pays d’Asie du Sud-Est n’en attiraient que 1.5%.  Les chiffres n’étaient guère différents pour les PEBD et PEBD-L : seulement 4% des volumes exportés arrivaient en Europe et en Asie du Sud-Est. La donne a depuis changé. Les deux régions accaparent chacune 4% des exportations de PEHD des Etats-Unis. L’Europe attire désormais 5.2% des exportations de PEBD-L, contre 5.6% pour l’Asie du Sud-Est.

Le PE issu du gaz de schiste étant particulièrement compétitif en termes de prix, les pétrochimistes n’ont pas rencontré trop de difficultés à trouver preneur sur le Vieux Continent. Cette accélération de la compétition sur un marché jusqu’ici captif a de plus contraint les producteurs européens à renoncer en partie à leurs marges et à maintenir des prix bas.

La situation n’est en revanche pas la même sur le marché européen du PEHD. L’offre y est en effet plus limitée, et les producteurs ont pu ne pas tenir compte de la chute du cours de l’éthylène. Les prix se sont toutefois maintenus à un niveau acceptable, autour de 1250 euros/tonne en moyenne. Les Etats-Unis ayant moins investi dans ce matériau, les volumes importés par l’Europe ne sont actuellement pas suffisants pour changer la donne.

 

Le Rhin en crise

Le marché européen des matières plastiques traverse régulièrement des crises qui n’ont pas de lien direct avec les prix mais impactent négativement les approvisionnements des plasturgistes. Les difficultés logistiques reviennent fréquemment sur le devant de la scène. On se souviendra par exemple de la pénurie de chauffeurs de l’été 2017.

La sécheresse du Rhin ne s’est quant à elle apaisée que fin 2018. Le Service Intelligence Economique d’Allizé-Plasturgie sonnait déjà l’alerte dans un article publié dans l’édition de janvier-février du Plastilien. La saison estivale a depuis confirmé ces prévisions.

Les pétrochimistes possédant des sites autour du fleuve ont en effet longtemps prié pour que des pluies s’abattent sur la région. Le niveau de l’eau n’atteignait en effet que 30 centimètres par endroits, rendant le Rhin impropre à la navigation, notamment au passage de Kaub, en Allemagne.

Le manque d’eau s’est fait cruellement ressentir en Europe, et a fait plusieurs victimes. Les pétrochimistes n’étaient en effet pas en mesure de se faire livrer suffisamment de matériaux pour pouvoir produire des polymères. Les plasturgistes ont donc dû affronter des allocations sur certains matériaux, qui se sont parfois accompagnées de hausses de prix.

Venait ensuite la problématique de la livraison des polymères. La situation s’est avérée difficile tant en Allemagne, qu’en France, en Suisse et aux Pays-Bas. Les volumes habituellement acheminés via le Rhin ont dû l’être par via ferroviaire ou routière. Les trains et les camions n’étaient en revanche pas suffisants pour satisfaire l’ensemble des besoins et de nombreux retards ont été constatés par nos adhérents.

Les pluies observées au mois de décembre ont apporté un certain répit aux acteurs dépendants du fleuve. Celui-ci ne pourrait en revanche durer éternellement, et de nouvelles difficultés devraient surgir à partir du printemps prochain.

 

PA 6.6 : Forces Majeures à foison

Le Service Intelligence Economique s’interrogeait il y a un an sur la question des polyamides. Le marché, connu pour sa stabilité, avait en effet subi une forte érosion des prix en 2016. Il s’agissait alors de savoir si 2017 marquerait la fin de ce phénomène.

Si on a bien observé des hausses de prix sur les PA 6, il a fallu attendre 2018 pour assister à un véritable retournement de situation sur le marché européen des PA 6.6. Tout a commencé en février, lorsque Butachimie a déclaré un cas de Force Majeure sur la production d’ADN du site français de Chalampé.

Ce matériau est en fait un précurseur du PA 6.6 et est indispensable à sa fabrication. Chalampé est également le seul site européen de production d’ADN. Son arrêt s’est rapidement transformé en véritable catastrophe et a causé des difficultés à chaque maillon aval de la chaîne de valeur du matériau.

La plupart des fabricants européens de polyamide 6.6 ont à leur tour déclaré des cas de Force Majeure dès le mois de mars. Certains sont d’ailleurs toujours en vigueur aujourd’hui. BASF, Dow, Radici et Solvay ont tous été touchés.

Si les robinets de l’offre européenne ont littéralement été coupés, la demande n’a quant à elle pas freiné. Le secteur automobile était en effet en pleine forme cette année, si l’on exclu le dernier trimestre. La pénurie en PA 6.6 est donc survenue rapidement et brutalement, empêchant les plasturgistes, équipementiers automobiles ou non, de se constituer des stocks suffisants pour braver la tempête.

Le Service Intelligence Economique, qui reçoit régulièrement des demandes de dépannage en matériaux, a en effet constaté que le PA 6.6 était le matériau le plus recherché. Aucune réponse favorable n’a malheureusement pu être trouvée.

Les plasturgistes européens ont énormément souffert de ce déséquilibre immense entre l’offre et la demande. Ils ont en effet dû encaisser plusieurs hausses de prix faramineuses (+70% sur la période janvier 2017 – janvier 2019). Un adhérent expliquait au printemps avoir des difficultés à trouver des volumes suffisants, et considérait qu’une offre à 5000 euros/tonne constituait un bon prix.

Il semblerait que l’offre retourne peu à peu à la normale. Butachimie a en effet levé la Force Majeure de Chalampé au mois d’avril 2018, mais son niveau de production a mis plusieurs mois avant de retrouver un niveau satisfaisant. Les blocages en aval s’estompent peu à peu, et la plupart des Forces Majeures en vigueur sur le PA 6.6 ont également été désamorcées.

Certains plasturgistes nous signalent pourtant que plusieurs producteurs comptent maintenir les allocations sur leur production au cours du 1er trimestre 2019. Des augmentations ont d’ailleurs été annoncées pour janvier.

 

Chine : la question du recyclage désormais tranchée

Annoncée en juillet 2017 et entrée en vigueur au 1er janvier 2018, la politique chinoise du National Sword a fait trembler l’industrie mondiale du recyclage des polymères. L’Europe, comme les Etats-Unis, se retrouvent désormais avec des centaines de milliers de tonnes de déchets plastiques sur les bras, et ce sans avoir les capacités matérielles suffisantes pour les traiter.

La Chine refuse désormais d’importer des déchets à base de dérivés de l’éthylène, du styrène, du chlorure de vinyle et de PET. Les autres polymères à recycler pouvant être exportés doivent cependant être purs à 99.5%, contre 90% à 95% auparavant.

3.5 millions de tonne des déchets plastiques étaient exportées vers la Chine par le reste du monde en 2017. Seulement 21 300 tonnes ont pu l’être en 2018. Cette année a également été celle de la Feuille de Route Economie Circulaire en France et du Package Economie Circulaire de l’Union Européenne.

La plasturgie a en effet subi cette année de nombreuses attaques, toutes plus violentes les unes que les autres. L’opinion publique a en effet fait tonner sa colère, à grands renforts de posts sur les réseaux sociaux, et les pouvoirs législatifs ont suivi, et ce dans le monde entier.

Les recycleurs européens et français doivent donc investir pour pouvoir augmenter leurs capacités de production, afin de pouvoir traiter le surplus de matériaux laissés sur place par la Chine. Les difficultés ne se cachent d’ailleurs pas qu’au sein des recycleurs. Un adhérent actif sur ce marché expliquait par exemple avoir de plus en plus de mal à trouver des entreprises capables de nettoyer les matériaux. Un autre regrettait que plusieurs balles de matières recyclables soient automatiquement envoyées en Espagne pour y être régénérés.

Il leur faut également trouver des débouchés à leur production. Plusieurs secteurs porteurs, comme notamment l’automobile, prennent goût aux polymères recyclés, mais la transition ne se fait pas assez vite. Il faut également que la législation européenne progresse. Les PP régénérés se sont en effet pas autorisés pour le contact alimentaire. Cette réglementation pourrait toutefois évoluer dès 2019 et créer un marché porteur pour les recycleurs.

 

Egalim : orages à l’horizon

Si l’Union Européenne a fortement accéléré sur les questions relatives à l’économie circulaire et plus particulièrement aux emballages en plastique, la France va beaucoup plus loin avec la loi Egalim, votée fin mai 2018.

Plusieurs produits en plastique sont directement visés par l’article 11 ter de cette dernière :

  • Seront interdits au 1er janvier 2020 les couverts en plastique jetables, les pics à steak en plastique, les verres et gobelets jetables ainsi que leurs couvercles, les plateaux-repas en plastique, les pots à glace en plastique, les saladiers et les boîtes en plastique, les assiettes jetables en plastiques, les pailles en plastiques et les batônnets mélangeurs pour boissons.

    Ces articles pourront toujours être commercialisés s’ils sont compostables domestiquement et/ou constitués en tout ou en partie de matériaux biosourcés. Les principaux secteurs visés ici sont la restauration rapide, la vente à emporter et les traiteurs.

  • Seront interdits à partir de janvier 2025 : les emballages en plastique utilisés comme contenants, pour réchauffer ou pour servir des aliments dans les cantines, restaurants scolaires et universitaire, et tout établissement où de la nourriture est servie à des enfants de moins de six ans. Les bouteilles d’eau plate en plastique sont également visées par cette mesure. Cette interdiction est reportée à janvier 2028 pour les collectivités territoriales de moins de 2000 habitants.

Ce type de texte, qui a vocation à être imité ailleurs en UE et peut-être dans le monde, encourage fortement l’utilisation de bioplastiques. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas forcément une empreinte carbone inférieure aux modèles traditionnels.

Si des matériaux tels que les PLA et les PHA se sont démocratisés au cours des dernières années, la production mondiale est encore insuffisante pour couvrir une forte augmentation des besoins. La majorité de l’offre réside principalement en Europe (Italie, France, Espagne…) et sur les continents américains (Brésil, Mexique, Etats-Unis…).

L’un des principaux freins demeure le niveau des prix pratiqués, surtout en Europe. Un adhérent, fabricant de pots de fleur, expliquait au Service Intelligence Economique qu’utiliser du bioplastique multiplierait par 1000 son coût matière. Un compoundeur a quant à lui confié se fournir directement au Brésil, auprès de Braskem, les prix proposés étant suffisamment bas pour rendre les frais logistiques intéressants. Si la demande augmente brusquement, Braskem ne sera en revanche pas capable de répondre à l’ensemble des besoins et les prix mondiaux augmenteront.

Une autre problématique liée aux bioplastiques est la question de la pollution des flux de collecte. Ces derniers sont en effet très semblables à d’autres matériaux, notamment les PET, et peuvent donc se retrouver dans des lots voués à être recyclés et rendre les matériaux régénérés ainsi produits impropres à la vente. L’augmentation de leur utilisation ne fera dans un premier temps qu’aggraver ces problèmes.

 

2018 : année mouvementée

Si le calme ne fait pas partie du vocabulaire courant du marché européen des polymères, 2018 s’est avérée plus agitée que les années précédentes. Les crises se sont en effet multipliées et ont frappé presque partout : logistique, polymères techniques, recyclage et emballages.

Il s’agit selon moi d’une année charnière sur de nombreux points. L’issue de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine stabilisera ou non les approvisionnements européens en polyéthylène. La politique chinoise du National Sword, ainsi que l’évolution des cadres législatifs européens et français, donneront un nouveau visage à l’industrie du recyclage des polymères sur le Vieux Continent. Les polymères techniques, dont le PA 6.6, connus pour leur stabilité changent de paradigme. Les pétrochimistes se concentrent et pèseront plus lourd. Le Brexit, qui n’a d’ailleurs pas été abordé dans cette article, aura forcément un impact.

Le brouillard ne fait donc que s’épaissir pour les plasturgistes, et le Service Intelligence Economique continuera à faire de son mieux pour éclairer la situation. En ce sens, n’hésitez pas à participer aux Commission Achats et à nous adresser des témoignages, au sujet des matériaux ou bien sur d’autres thèmes, afin de faire avancer toute la filière.

 

 

 

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