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L'œil de l'expert
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Reprendre un apprentissage après avoir exercé une activité professionnelle, c'est possible !

Jeudi 20 Décembre 2018  |  L'œil de l'expert
Reprendre un apprentissage après avoir exercé une activité professionnelle, c'est possible !

La reprise d’études après avoir occupé une activité professionnelle est un phénomène en plein essor, les besoins évoluent ! En effet, de nombreux salariés passent ce cap, motivés par diverses raisons, le désir de se réorienter ou d’évoluer professionnellement. La tendance actuelle s’oriente vers un assouplissement de l’accès à la formation pour les actifs afin de les accompagner dans la réalisation de leurs objectifs tout au long de leur carrière.

Les conditions d’accès à l’apprentissage évoluent et la date limite pour conclure un contrat d’apprentissage est désormais prolongée jusqu’à 29 ans. De ce fait, nous avons souhaité en savoir plus sur les raisons qui ont conduit certains de nos apprentis à franchir le pas en intégrant le BTS Europlastics & Composites au sein de nos établissements.

Pour Pierre, Osman, Thomas et Clarence, tous salariés, l’apprentissage est le bon compromis ! Cela leur offre la possibilité de conserver un emploi et d’obtenir un niveau de qualification supérieur à faire valoir au travers d’un diplôme.

Ces apprentis aux profils atypiques abordent différemment leur reprise d’études, l’expérience professionnelle leur a permis d’avoir une idée concrète de l’emploi idéal dans lequel ils souhaitent faire carrière.

Pierre Chaon, 20 ans et apprenti en 1ère année de BTS Europlastics & Composites option Pilotage et Optimisation de la Production chez Magna (52) nous explique son parcours.

« J’ai commencé mon parcours en plasturgie en préparant un BEP « métiers de la Plasturgie » avant de poursuivre sur un BAC PRO « Plastiques & Composites » au lycée des Franchises de Langres. Après l’obtention de mon BAC PRO, j’ai postulé pour intégrer le BTS Europlastics & Composites en alternance, que je n’ai malheureusement pas pu intégrer faute d’avoir trouvé une entreprise. J’ai donc cherché un emploi d’opérateur dans la Plasturgie et multiplié les courtes missions d’opérateurs en Haute Marne, sans parvenir à décrocher de CDI. En poste, les tâches qui m’étaient confiées ne convenaient pas pleinement, et je ne me voyais pas être opérateur toute ma carrière ».

Bien qu’une carrière dans la Plasturgie soit une évidence pour Pierre, ses expériences professionnelles lui permettent de réaliser qu’il aura besoin de plus pour s’épanouir dans son métier. Il nous explique sa démarche.

« Je me suis réinscris sur la plateforme Parcoursup en reformulant mon voeu et j’ai fait part de mon projet à l’entreprise Magna (52) dans laquelle j’étais opérateur depuis plusieurs mois en intérim. Mon responsable de production était satisfait de mon travail et en a fait part au service des ressources humaines, à la suite de cela, j’ai eu un accord favorable. »

Le constat est le même pour Osman AKBULUT, 26 ans et apprenti en 2ème année de BTS Europlastics et Composites, option Conception d’Outillages chez Billion, Bellignat (01), qui se confie sur ses motivations.

« J’étais en poste depuis 4 ans chez Billion et même si j’avais connu des évolutions au sein de l’entreprise, j’avais le sentiment d’avoir fait le tour et de stagner sur le poste de technicien monteur sur presses à injecter. Je voulais acquérir de nouvelles connaissances, évoluer, avoir de nouvelles missions et plus de responsabilités. Cependant, ma formation en Bac Pro Electrotechnique me limitait dans mon objectif de progression et très vite, je me suis rendu compte que mon niveau d’études et mon manque de connaissance en Plasturgie étaient un frein. Un diplôme de niveau Bac +2 était donc nécessaire pour poursuivre mon évolu-tion et atteindre mes objectifs. Je me suis renseigné sur les contrats existants (rémunération, âge limite, etc) et sur les formations susceptibles de correspondre au poste que je souhaitais obtenir. J’ai contacté plusieurs organismes de formation avant d’être dirigé vers le Cirfap. J’ai également parlé de mon projet à mon employeur mettant en avant mon ancienneté, ma motivation, le fait que j’avais toujours donné satisfaction dans mon travail et que je me plaisais dans l’entreprise. Ils ont donc vu un intérêt à me former au lieu de recruter en externe ».

Dans le cas particulier d’Osman, « l’article L6222-13 permets aux salariés en CDI de reprendre un apprentissage dans la même entreprise ». L’entreprise a donc pu appliquer ce dispositif qui facilite les démarches en interne. Pierre et Osman partagent ce point commun, ils ont désormais la certitude que pour réaliser leurs projets, ils devront passer par une formation. Pour Thomas, c’est encore un parcours différent, il est la preuve que l’on peut se former de différentes manières et à n’importe quel moment !

Thomas Daurelle, 26 ans et apprenti BTS Europlastics & Composites, option Pilotage et Optimisation de la Production chez MAXTHER CATHETERS, Marseille (13).

« J’ai d’abord suivi un cursus traditionnel en choisissant une filière S au lycée. A la base, j’ai choisi cette voie car je ne savais pas trop quoi faire et la filière S ouvrait plusieurs voies. Après 2 échecs au bac, j’ai voulu me lancer sur le marché de l’emploi. Je me disais que l’école ce n’était plus pour moi. J’ai d’abord commencé à travailler dans la logistique pendant deux ans ce qui m’a permis de mettre un pied dans le monde du travail. Pas toujours évident. L’entreprise pour laquelle je travaille a alors ouvert une offre de poste en tant qu’opérateur d’extrusion afin de pouvoir effectuer des roulements en 3x8 et augmenter ses volumes de production. Il s’agit de l’entreprise MAXTHER CATHETER à Marseille. J’ai été formé sur ce poste par le responsable d’atelier qui gérait aussi l’injection. Suite au départ du responsable, j’ai intégré l’atelier d’injection dans lequel j’officie depuis 3 ans. Mes missions en poste correspondent à celles d’un technicien en injection plastique. En 2017, j’ai initié une demande de VAE afin de valider un niveau « Bac Professionnel en Plasturgie » et justifier d’un diplôme officiel. Après plusieurs mois de formalités, j’ai validé le processus et mon diplôme. Cela m’a redonné confiance et l’envie d’aller encore plus loin. J’ai donc postulé au BTS Europlastics & Composites du CIRFAP en alternance à Nice. En parallèle, J’ai demandé à mon entreprise actuelle de pouvoir suivre mon apprentissage chez eux. Cela rendait l’alternance plus facile car je connaissais le fonctionnement de l’entreprise, les produits, les machines et surtout le métier. Malgré les contraintes de disponibilité, mon responsable a accepté car il encourage réellement la formation des salariés. »

Le hasard fait bien les choses et pour Clarence Guichard, en recherche d’orientation professionnelle ce fût le cas.

Il obtient son BAC STI Génie Mécanique option Micro Technique mention assez bien en 2011 au Lycée Charles Renouvier à Prades (66) puis il passe un BTS Conception Industrialisation en Microtechnique qu’il ne validera pas. En parallèle Clarence passe son Brevet de Jeune Sapeurs Pompier et l’obtient en 2008. Le chemin des études ne lui permet pas de trouver sa voie donc il décide de rentrer dans la vie active et occupe toute sorte d’emploi comme saisonnier pour ramasser les fruits et les légumes mais aussi manoeuvre agricole.

Après un certain temps à faire son expérience dans la vie active Clarence se rend compte que le niveau Bac +2 lui permettrait peut-être de pouvoir décrocher un diplôme en adéquation avec ses inspirations et il décide de venir au Salon TAF (Travail Avenir Formation) des Pyrénées Orientales pour découvrir des nouvelles opportunités de formation. C’est lors de ce salon que la rencontre avec le CIRFAP va donner un sens à sa recherche. « La filière Plasturgie & Composites révèle des vocations ». Nombreux sont ceux qui ont la chance d’être accompagnés et soutenus par leurs entreprises, ce qui permet de constater qu’elles sont de plus en plus nombreuses à s’impliquer dans les projets professionnels de leurs salariés. Pour le Cirfap, ces profils d’apprentis apportent de la diversité aux promotions du fait de leurs parcours et peuvent être une réelle valeur ajoutée pour les entreprises étant donné la motivation dont ils ont fait preuve pour en arriver là. La reprise d’études n’est bien entendu pas un long fleuve tranquille, retourner sur les bancs de l’école peut susciter de l’incertitude, néanmoins ce sont des apprentis qui ont muri et qui ont trouvé leur vocation. Ils ne regrettent pas de s’être lancés dans cette aventure.

Osman se confie

« Mes missions ont totalement changé ! Elles sont plus variées et je prends plus d’initiatives. J’ai également acquis plus de responsabilités et une vision plus large de l’activité de l’entreprise. Désormais, je suis régulièrement en contact direct avec les clients, je peux échanger avec eux sur des aspects techniques comme les outillages, mais aussi avec les autres services de l’entreprise. J’ai l’impression de jouer un plus grand rôle au sein de l’entreprise. On peut dire que j’ai changé de corps de métier, maintenant je suis un plasturgiste ! ».

En effet, il est désormais intégré au centre technique de Billion qui développe à la fois les machines mais aide également à l’optimisation de la production et apporte une véritable expertise aux clients. Thomas ajoute

« Depuis mon entrée en cours en septembre 2018, j’apprends des choses nouvelles qui me servent au quotidien mais c’est plus difficile sur les matières générales. J’ai davantage de facilités sur les TP et la manipulation sur machine du fait de mon expérience, et les outils théoriques que l’on apprend, servent réellement dans la vie d’un atelier de production. J’ai fait ce choix de retourner vers l’alternance car j’ai la volonté d’acquérir des connaissances théoriques solide, un vrai bagage technique et un diplôme qui me permet de pérenniser mes acquis dans le futur. »

L’ensemble de ces parcours démontrent que rien n’est figé et qu’il est possible de continuer à se former si on le souhaite. Les carrières sont amenées à évoluer, la formation est là pour accompagner ces salariés dans ces transitions professionnelles et apporter les compétences nécessaires à l’obtention du poste désiré.

Un salarié peut reprendre des études même en ayant quitté le système scolaire. On peut ne pas vouloir la même chose à 18 ans qu’à 25 et se rendre compte après avoir travaillé que l’on ne souhaite pas ou plus exercer ce métier, il n’en reste pas moins que l’acquisition de nouvelles compétences doit passer par la reprise d’une formation.

« Article L6222-13 Lorsqu'un salarié est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée, ce contrat peut, par accord entre le salarié et l'employeur, être suspendu pendant la durée d'un contrat d'apprentissage conclu avec le même employeur. La durée de la suspension du contrat de travail est égale à la durée de la formation nécessaire à l'obtention de la qualification professionnelle recherchée, prévue à l’article 6233-8 ».

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